BG #09.002a17 août 2009
Les Forces canadiennes dans le Nord
Les Forces canadiennes dans le Nord
INTRODUCTION
Dans sa Stratégie pour le Nord, le gouvernement du Canada s’était engagé à maintenir « une présence réelle, croissante et à long terme dans sa région arctique. » Compte tenu des réserves de combustibles fossiles de l’Arctique (qui peuvent être vastes), de l’abondance de minéraux, d’or et de diamant qu’on y trouve ainsi que de la possibilité de raccourcir grandement les voies de navigation au fil de la fonte de la calotte glaciaire arctique causée par le réchauffement climatique, cette région du globe, autrefois inaccessible, attire de plus en plus d’attention à l’échelle internationale. La Stratégie de Défense du Canada d’abord exige que les Forces canadiennes (FC) possèdent la capacité de conduire des opérations quotidiennes nationales et continentales, incluant dans l’Arctique. Le Discours du Trône de 2007 exprimait l’intention du gouvernement de faire progresser une stratégie nordique intégrée. Les Forces canadiennes contribuent à la Stratégie pour le Nord du gouvernement de diverses façons, particulièrement en ce qui a trait à l’engagement pour protéger vigoureusement la souveraineté du Canada dans l’Arctique. Une gérance efficace du Nord ne peut se faire que par des partenariats productifs entre les ministères et agences fédérales et territoriales et les habitants du Nord. Les FC se sont engagées à travailler étroitement avec ces partenaires, incluant la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la Garde côtière canadienne, Pêches et Océans Canada et Affaires indiennes et du Nord Canada au niveau fédéral.
L’Arctique canadien est considéré comme une partie du Nord canadien, qui commence au 60e parallèle pour se rendre jusqu’à la mer de Lincoln, au nord de l’île d’Ellesmere. La région arctique commence au cercle polaire arctique, qui est situé un peu au nord du 66e parallèle (66° 33' 39”). Le cercle dénote le point géographique à partir duquel il n’y a pas de soleil pendant au moins une journée de 24 heures par année. Huit pays s’étendent au-delà du cercle polaire arctique : le Canada, le Danemark (Groenland), la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Fédération de Russie, la Suède et les États-Unis. Le Nord canadien compte pour 40 p. cent de la masse terrestre du Canada, est composé de plus de 19 000 îles et compte environ 108 000 habitants.
Au fil de la fonte des glaces arctiques, les cours d’eau intérieures du Canada deviennent de plus en plus navigables tout au long de l’année. Si la glace en venait à disparaître, un voyage arctique passant par les eaux canadiennes permettrait de raccourcir le voyage traditionnel, qui passe par le canal de Panama pour se rendre en Europe, en Asie et sur les côtes Est et ouest de l’Amérique du Nord, ainsi que pour en revenir, d’environ 7 000 kilomètres. Cependant, l’industrie du transport de marchandises ne sera pas la seule touchée : le tourisme devrait également croître, particulièrement à court terme, en raison des croisières. En effet, en 2007, neuf navires de croisières naviguaient les eaux arctiques, alors qu’ils étaient cinq en 2003. En 2008, ce chiffre avant augmenté à quinze. La circulation aérienne augmente également : actuellement, quelque 115 000 vols commerciaux passent chaque année dans l’Arctique canadien.
Les activités criminelles, l’entrée illégale de personnes et de marchandises, le passage de clandestins, le trafic de narcotiques, les activités militaires étrangères et même le terrorisme peuvent représenter une plus grande menace suite à l’augmentation de la circulation aérienne et maritime ainsi que de l’exploration des ressources naturelles. Les préoccupations environnementales, de même que les besoins en matière de recherche et de sauvetage, augmenteront également. D’autres ministères et organisations gouvernementales, comme la Garde côtière canadienne et la Gendarmerie royale du Canada (GRC), demeurent responsables de la majorité des questions de sécurité dans le Nord, mais les Forces canadiennes jouent un important rôle de soutien, d’affirmation de notre souveraineté et d’aide à nos citoyens.
RÔLE MILITAIRE
Les Forces canadiennes opèrent dans le Nord depuis l’époque de la Troupe de campagne du Yukon, un régiment de volontaires établi en 1898. La Troupe aidait la Police montée du Nord-Ouest à maintenir l’ordre pendant la ruée vers l’or. Dans les années 1930, la Force aérienne royale du Canada a commencé à dresser des cartes photographiques du Nord et a étendu sa surveillance aérienne considérablement dans les années 1940, au début de la guerre froide. À la fin des années 1950, la station des Forces canadiennes Alert a été établie à l’extrémité nord de l’île d’Ellesmere pour recueillir des renseignements d’origine électromagnétique. Depuis 50 ans, cette station constitue l’installation habitée en permanence la plus septentrionale du monde. En 1970, le Canada a établi un commandement militaire permanent à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) en vue de traiter le Nord comme un seul théâtre d’opération.
Aujourd’hui, la responsabilité militaire en ce qui a trait au Nord incombe au Commandement Canada. Cet organisme, créé le 1er février 2006, est responsable de la défense du Canada et de l’Amérique du Nord. Depuis le quartier général dans la capitale nationale, Ottawa, son personnel supervise six sous-commandements, baptisés forces opérationnelles interarmées régionales. Il est également responsable de la recherche et du sauvetage à l’échelle nationale et, à cette fin, le pays est divisé en trois régions de recherches et de sauvetage : les SRR Halifax (Est), Trenton (Centre) et Victoria (Ouest). La région du centre, dont le quartier général de Winnipeg (Manitoba) est situé à une latitude plus élevée, se charge de la recherche et du sauvetage dans la majeure partie du Nord. Le Commandement Canada est également responsable des opérations en réaction à une catastrophe aérienne importante dans le Nord et appuiera les efforts déployés lors d’autres catastrophes ou crises humanitaires au besoin.
FORCE OPÉRATIONNELLE INTERARMÉES (NORD)
La Force opérationnelle interarmées - Nord (FOIN), dont le quartier général est situé à Yellowknife, est responsable des opérations des Forces canadiennes dans le Nord, qui est de loin la plus imposante région du Commandement Canada. En fait, la zone de responsabilité de la FOIN couvre approximativement quatre millions de kilomètres carrés ou 40 p. cent de la masse terrestre du Canada et 75 p. cent de ses régions côtières. Le commandant de la FOIN relève du Commandant du Commandement Canada. Le rôle de la FOIN est d’aider à faire valoir la souveraineté du Canada au nord du 60e parallèle, de coordonner et d’appuyer les activités des FC dans le Nord et d’assurer la liaison avec les citoyens et les gouvernements des trois territoires septentrionaux (les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut). La FOIN commande le programme des Rangers canadiens dans le Nord, qui tombe sous la responsabilité du 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens. Elle supervise également deux programmes destinés aux jeunes : le programme des Rangers junior et le programme des Cadets dans les trois territoires. En plus de son quartier général situé à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest), la FOIN compte des détachements à Whitehorse (Territoire du Yukon) et à Iqaluit (Nunavut).
Dans le Nord, les opérations peuvent prendre diverses formes : exercices de souveraineté, exercices des unités des communications, déploiements des chasseurs et des avions de soutien du Canada et du NORAD aux terrains d'aviation septentrionaux ou patrouilles nordiques de préparation opérationnelle par les aéronefs de patrouille maritime CP 140 Aurora des FC.
MARINE CANADIENNE
La Marine canadienne joue un rôle essentiel dans l’affirmation de la souveraineté le long des trois côtes du Canada et est souvent présente dans les eaux septentrionales du pays. Le gouvernement a récemment annoncé son intention d’investir dans de nouveaux navires et d’établir un port ainsi qu’une station de ravitaillement à l’appui de la Marine dans l’Arctique, ce qui augmentera grandement la présence de la Marine dans les eaux intérieures arctiques canadiennes.
L’acquisition prévue de six à huit patrouilleurs arctiques/océaniques conçus pour la glace permettra à la Marine de mener des opérations de surveillance armées en mer dans l’Arctique pendant l’été (saison navigable) et le long des côtes Est et Ouest tout au long de l’année. Ces nouveaux patrouilleurs permettront au Canada de mieux appliquer son droit, garanti par les lois internationales, d’être prévenu lorsque des navires étrangers entrent dans les eaux canadiennes, et aideront les Forces canadiennes à appuyer les autres ministères dans la lutte contre le crime organisée et l’immigration illégale, dans la répression du trafic de drogues et dans la protection environnementale. Le premier navire devrait entrer en service en 2014.
Le centre de ravitaillement en eau profonde de la Défense nationale de Nanisivik (Nunavut) aidera le Canada à maintenir une présence navale dans les eaux arctiques pendant la saison navigable. Cette installation, avec son emplacement central et stratégique dans un endroit avantageux, à l’entrée Est du chenal Parry et à plus de 1 100 miles nautiques au Nord d’Iqaluit, servira de zone d’étape aux navires affectés dans le Haut-Arctique et leur permettra de se ravitailler, d’embarquer du matériel et des marchandises, de transférer du personnel et de collaborer étroitement avec la Garde côtière canadienne. L’installation maritime de Nanisivik devrait être pleinement opérationnelle d’ici 2015.
Deux centres des opérations de la sûreté maritime (COSM), situés à Halifax (Nouvelle Écosse) et à Esquimalt (Colombie-Britannique), maintiennent la surveillance des eaux arctiques. La Marine est actuellement responsable des COSM, mais les centres représentent une approche « pangouvernementale » et un partenariat équitable entre les ministères et les organismes qui oeuvrent dans le domaine de la sûreté maritime. Le personnel des COSM provient des cinq organismes partenaires principaux qui ont un intérêt manifeste pour la sûreté maritime : l’Agence des services frontaliers du Canada, le ministère de la Défense nationale, Pêches et Océans Canada (y compris la Garde côtière canadienne), la GRC et Transports Canada.
La capacité actuelle des COSM leur permet de recueillir l’information maritime et d’en faire une synthèse, le tout de façon limitée, afin d’aider le gouvernement à réagir aux menaces maritimes en matière de sécurité et, par le fait même, à protéger la population canadienne. La responsabilité de la surveillance des activités maritimes dans l’Arctique est partagée entre les côtes Est et Ouest.
ARMÉE CANADIENNE
L’Armée canadienne est active depuis des décennies dans l’Arctique, principalement par l’entremise du programme des Rangers canadiens. Mis sur pied en 1947, les Rangers sont « les yeux et les oreilles » des Forces canadiennes et constituent une présence militaire dans les régions éloignées du Canada, y compris dans le Nord du pays. Ils tirent leurs membres de 56 communautés à l’échelle du Nord canadien (et de 109 communautés septentrionales situées au sud du 60e parallèle) et jouent un rôle essentiel dans la protection de la souveraineté du Canada en menant des patrouilles de surveillance et de souveraineté, en signalant toute activité ou élément inhabituels et en recueillant des données locales importantes pour les FC.
Les Rangers canadiens aident également les FC à mener leurs activités en fournissant de l’expertise, des directives et des conseils locaux au cours des opérations et des exercices; en effectuant des patrouilles du système d’alerte du Nord et en aidant à la réalisation des opérations de recherche et de sauvetage. En août 2007, le gouvernement du Canada a annoncé que les effectifs des Rangers à l’échelle nationale passeraient de 4 100 à 5 000, ce qui permettra d’augmenter le nombre de patrouilles et de renforcer les patrouilles actuelles.
Le gouvernement a aussi annoncé la mise sur pied d’une installation polyvalente pour l’instruction militaire et les opérations dans le Haut-Arctique. Le Centre de formation des Forces canadiennes dans l’Arctique (CFFCA) à la baie Resolute sera utilisé tout au long de l’année pour l’instruction relative à l’Arctique et à la guerre en hiver ainsi que pour des opérations courantes. Il pourra également servir de poste de commandement pour les opérations d’urgence et les interventions en cas de catastrophes. Le CFFCA offrira également un emplacement pour le prépositionnement du matériel et des véhicules, ce qui augmentera la capacité d’appui aux opérations militaires régionales ou civiles d’urgence dans cette région rude et reculée du pays.
FORCE AÉRIENNE DU CANADA
La Force aérienne est une présence vitale et continue dans le Nord canadien, où elle offre des services de reconnaissance aérienne, de surveillance, de dissuasion et d’appui aux opérations de recherche et de sauvetage, et ce, depuis les débuts de la Force aérienne. Depuis les vols de cartographie photographique des années 1930, la Force aérienne est parvenue à développer une capacité de surveillance secrète et très spécialisée dans les années 1940. Aujourd’hui, des patrouilles nordiques régulières sont menées par des aéronefs de patrouille maritime CP 140 Aurora. Ces aéronefs de surveillance stratégique, qui ont une autonomie de 17 heures et une portée de près de 10 000 kilomètres, protègent les eaux canadiennes de menaces étrangères comme la pêche et l’immigration illégales, le trafic de stupéfiants, la pollution et les violations de la souveraineté territoriale canadienne. Des plans ont été dressés pour avoir recours à des systèmes utilisant les satellites et à des véhicules aériens sans pilote pour améliorer l’efficacité de ces patrouilles.
Le 440e Escadron de transport est la seule unité de la Force aérienne basée dans le Nord à temps plein. Cet escadron basé à Yellowknife utilise quatre CC 138 Twin Otters, un type d’appareil conçu et fabriqué au Canada, pour effectuer du transport aérien et des vols utilitaires et de liaison dans le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, ainsi que pour mener des missions de recherche et de sauvetage. L’Escadron utilise ces robustes Twin Otters dans un des climats les plus rudes du monde et demeure en mesure de mener des opérations « hors aéroport » à l’aide de skis pendant l’hiver et de pneus adaptés à la toundra pendant l’été.
Comme la vaste majorité du Nord ne compte ni route ni port, les aéronefs sont fréquemment le seul moyen de transport pour les nombreuses communautés isolées de la région. Les aéronefs de la Force aérienne, comme le CC 177 Globemaster III, le CC 130 Hercules, le CC 138 Twin Otter, le CC 150 Polaris, et l’hélicoptère CH 146 Griffon, offrent un service de réapprovisionnement vital pour les installations militaires septentrionales, notamment la station Alert des Forces canadiennes à l’extrémité Nord de l’île d’Ellesmere et les emplacements des radars du système d’alerte du Nord. Le dernier ajout à la flotte de la Force aérienne, le CC 177 Globemaster, est déjà utilisé pour des missions de soutien dans le Nord. Bon nombre de ces aéronefs appuient également les missions de recherche et de sauvetage dans le Nord, y compris les interventions en cas de catastrophe aérienne importante.
La Force aérienne, de concert avec le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), maintient également quatre emplacements avancés d’opérations (EAO) d’où elle peut effectuer le prédéploiement d’aéronefs de combat en réaction à des activités importunes ou en prévision de telles activités. Les EAO sont situés à Inuvik et à Yellowknife (T. N.-O.), ainsi qu’à Iqaluit et à Rankin Inlet (Nunavut). Ils fournissent toute l’infrastructure et le matériel nécessaires pour appuyer les chasseurs CF 18 Hornet de la Force aérienne dans ces régions reculées et isolées. Le CF 18, un chasseur polyvalent de première ligne disposant d’un système radar sophistiqué et piloté par des pilotes de calibre international, est parfaitement approprié pour la défense de l’espace aérien septentrional du Canada.
NORAD
Le NORAD a été mis sur pied en 1958 pour décourager les menaces aérospatiales contre l’Amérique du Nord ou, si elles surviennent, les détecter et assurer une défense appropriée. Le Nord canadien constitue une région essentielle en vertu de ce mandat. Aucun membre du NORAD n’est stationné dans le Nord de façon permanente, mais la Région canadienne du NORAD, dont le quartier général se trouve à Winnipeg, dispose toujours d’une importante infrastructure dans la région.
Les emplacements avancés d’opérations (EAO) maintenus par la Force aérienne permettent au NORAD de déployer des aéronefs et du personnel de soutien de façon stratégique dans le Nord canadien afin de garantir une intervention rapide et efficace en cas de menace aérospatiale. Plusieurs fois par année, la Région canadienne du NORAD mène des opérations et donne de l’instruction à divers EAO, parfois en partenariat avec la région du NORAD de l’Alaska ou la région continentale des États-Unis.
Dans le cadre du système d’alerte du Nord, le NORAD maintient une série de radars à courte et à longue portée tout le long de la côte de l’Amérique du Nord. Onze radars à longue portée et 36 radars à courte portée sont répartis dans le Nord du Canada et le long de sa côte Est. Ce système, lié aux autres radars du NORAD, forme une « zone tampon » d’une longueur de 4 800 kilomètres et d’une largeur de 320 kilomètres qui se rend de l’Alaska au Groenland en traversant le Canada.
TECHNOLOGIE
Le Projet Polar Epsilon est une initiative spatiale de 60 millions de $ qui emploie de l’imagerie et de l’information provenant du satellite radar canadien RADARSAT-2 pour fournir des capacités de surveillance terrestre et maritime améliorées pour les FC au pays et à l’étranger. Le RADARSAT-2 convient parfaitement à la surveillance terrestre de l’Arctique grâce à son orbite polaire et aux caractéristiques de sa capacité de détection radar tout temps, de jour comme de nuit. Le traitement des images du satellite en temps quasi réel permettra une réaction plus efficace et rapide des FC pour aider à maintenir la connaissance de la situation opérationnelle du Canada dans l’Arctique et pour répondre aux situations potentielles telles les crises environnementales et humanitaires, les opérations de recherche et de sauvetage, les catastrophes naturelles et les importants déversements de pétrole.
Le Projet Polar Epsilon comprend des stations terrestre de suivi du satellite qui traiteront les données provenant de RADARSAT-2 pour produire de l’imagerie en temps quasi réel qui pourra ensuite être utilisé à l’appui des opérations des FC et des activités d’autres ministères ou agences fédérales ainsi que pour surveiller les activités ou les changements dans l’Arctique.
Le Projet de démonstration de technologie de surveillance du Nord, dirigé par Recherche et Développement de Défense Canada (RDDC), explore diverses technologies qui pourraient être employées pour fournir une meilleure sécurité et surveillance de l’Arctique. Les domaines clés du projet portent sur des combinaisons de détecteurs et systèmes variés basés en surface, sous la mer et dans l’espace qui pourraient finalement offrir aux Forces canadiennes et au gouvernement du Canada des ressources supplémentaires pour surveiller et protéger l’Arctique canadien.
OPÉRATIONS
Les Forces canadiennes conduisent actuellement trois opérations majeures de souveraineté chaque année dans le Haut-Arctique, l’Arctique occidental et l’Arctique oriental. Bien que les objectifs précis de chaque opération diffèrent, elles partagent toutes les mêmes buts primordiaux : affirmer la souveraineté canadienne dans le Nord, faire progresser les capacités des Forces canadiennes pour les opérations arctiques et améliorer la coordination interministérielle en réponse aux enjeux de sécurité du Nord. Ces opérations sont conduites sous le commandement de la FOIN, mais avec la participation de ministères et agences partenaires.
Opérations récurrentes
La série d’opérations NUNALIVUT consiste en une version améliorée des patrouilles de souveraineté des Rangers. L’opération emploie les capacités uniques des Rangers canadiens à soutenir les opérations de la FOIN dans l’environnement extrême du Haut-Arctique alors que les patrouilles en motoneige des Rangers fournissent une présentent et démontre une capacité d’intervention dans les zones les plus isolées du Nord. L’opération NUNALIVUT 2008 s’est déroulée de mars à avril et à couvert la longueur de l’île Ellesmere. Point important, ce soutien au cours de l’Année polaire internationale a permis aux scientifiques d’enquêter sur les modifications se produisant sur la plate-forme de glace flottante de Ward Hunt. NUNALIVUT 2007 a eu lieu au cours de la même période mais dans l’archipel arctique nordique. NUNALIVUT 2009 a eu lieu dans le Haut-Arctique canadien en avril 2009.
La série d’opérations NUNAKPUT est menée dans l’Arctique de l’Ouest et est intégrée aux opérations de la FOIN qui ont lieu chaque été en coopération avec la Garde côtière canadienne et la Gendarmerie royale du Canada. Le but de l’opération est d’affirmer la souveraineté et de pratiquer l’interopérabilité, portant sur la région de la mer de Beaufort, incluant l’île Herschel. L’opération de 2007 a aussi porté sur l’amélioration de la capacité opérationnelle interarmées dans cette vaste région. L’Opération NUNAKPUT 09 aura lieu de juillet à septembre 2009.
La série d’opérations NANOOK est une série d’opérations de souveraineté interarmées et inter agences conduite dans l’Arctique oriental. Planifiée et dirigée par la FOIN, elle souligne l’interopérabilité, le commandement et le contrôle et la coopération avec des partenaires interministériels et intergouvernementaux dans le Nord. L’Opération NANOOK 08, menée en août 2008, comprenait des scénarios d’exercice avec des urgences maritimes simulées, incluant l’évacuation d’un navire en détresse et un déversement de pétrole. Ces exercices sont conçus pour développer et raffiner les relations inter agences qui sous-entendent l’approche pangouvernementale de la souveraineté arctique. L’Opération NANOOK 07 comprenait des scénarios de lutte contre la drogue et de déversement de pétrole. Environ quinze autres ministères et agences du gouvernement ont indiqué leur intention de participer à l’Opération NANOOK 09 et ont été requis de contribuer au processus de planification afin de s’assurer que leurs objectifs sont atteints.
Patrouilles des Rangers. Les Rangers canadiens effectuent régulièrement des patrouilles et des activités d’entraînement dans le Nord. Leur présence et leur vigilance aident à affirmer la souveraineté du Canada et à fournir « des yeux et des oreilles » au Commandement Canada dans les régions les plus éloignées du pays.
Opérations antérieures
L’opération HUDSON SENTINEL était une opération interarmées de souveraineté qui comprenait le déploiement de personnel et de ressources de la Marine, de l’Armée de terre et de la Force aérienne et qui se déroulait dans la baie d’Hudson en août 2005. En plus du personnel militaire, des membres de la division « V » de la GRC et l’équipage du navire Radisson, de la Garde côtière canadienne, ont pris part à l’opération.
L’opération LANCASTER a été menée le long des côtes orientale et septentrionale de l’île de Baffin en août 2006 et comptait des représentants de plusieurs autres organismes gouvernementaux, y compris le Service canadien des glaces, la GRC, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada et la Garde côtière canadienne.
La série d’opérations NARWHAL était des opérations de souveraineté qui se sont déroulées dans les Territoires du Nord-Ouest. L’opération NARWAL finale a eu lieu en avril 2007 et comprenait deux scénarios : l’offre d’aide par les FC à la GRC en raison d’une menace envers l’industrie pétrolière et l’intervention des FC en réaction à une importante catastrophe aérienne dans une région septentrionale éloignée.
Conclusion
L’Arctique est une partie essentielle de l’histoire et de l’âme du Canada. Cette région a déjà été une barrière naturelle entre le Canada méridional et le monde au-delà de ses frontières septentrionales. Cependant, cette barrière est en train de disparaître, tout comme la calotte glaciaire arctique, en raison du réchauffement climatique et de la demande sans cesse croissante pour des voies commerciales plus courtes, des carburants fossiles et des minéraux allant de l’or aux diamants. Les Forces canadiennes sont présentes dans le Nord depuis plus d’un siècle. Avec leur engagement renouvelé envers le maintien d’une présence dans la région et l’amélioration de leurs capacités à opérer couramment dans cette étendue souvent inhospitalière, les Forces canadiennes aident à la mise en œuvre de la Stratégie du nord gouvernementale. De même, l’affirmation de la souveraineté canadienne dans l’Arctique n’est possible que par une approche pangouvernementale. Les Forces canadiennes collaborent donc étroitement avec des partenaires fédéraux et territoriaux, ainsi qu’avec les populations du Nord, en vue de protéger ce patrimoine si précieux et d’assurer la poursuite de « l’épopée des plus brillants exploits ».